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Poésie, humour, charme L'Alsace du 22 août 2003 Le cadre rustique et l'acoustique du foyer rural de Bourbach-le-haut ont parfaitement convenu au Quatuor Laqué qui se produisait dans le cadre des Journées musicales. D'entrée, cet ensemble a fertilisé avec beaucoup d'élégance et d'efficacité quelques madrigaux de la Renaissance, leur rendant couleur et saveur. Ah, quelle tendresse de sentiments dans "Mignonne allons..." de Ronsard ! C'était le départ d'un vrai bonheur dispensé avec raffinement par le quatuor fribourgeois, d'un accent savoureux et charmeur. Portés à bout de voix par le soprano électrisant et jubilatoire de Kajsa Lemcke, L'alto velouté de Marie-Carmel Ridoré, la basse au timbre séduisant et plein d'Albert Nussbaumer, et le ténor au phrasé élégant et agile de José Perritaz, les chanteurs du Quatuor Laqué se sont exprimés avec une rare aisance. Harmonisations bien adaptées, homogénéité et spontanéité omniprésentes, fermeté et équilibre des timbres, combinaisons vocales variées et pleine d'imagination, gestuelle originale à l'humour parfois grinçant mais plus souvent bon enfant, ont conquis et enthousiasmé. Le groupe a revisité avec une imagination débordante, un sens inné de la poésie et de la mise en scène, un répertoire éternel, dépoussiéré au passage par quelques vocalises, un répertoire qui, déjà, appartient au patrimoine culturel. Trenet, les frères Jacques, Prévert, Lapointe, Ferré ont revécu, l'espace d'une soirée, plus coquins, fringants, tendres que jamais, unissant leur humour à une légitime nostalgie. L'ensemble a même justifié son nom "Laqué" (canard) en lâchant, avec une souriante désinvolture, quelques couacs. La sortie des musiciens, automates déjantés, sur l'air de la boîte à musique de Francis Blanche, comme tout ce qui avait précédé, a été le fruit d'une imagination débordante jamais en panne d'idées, dispensatrice de bonheur et d'insouciance à tous les étages. Merci ! LAM
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