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Le brillant du Laqué À la suite de l'Octuor Contretemps, qui s'est rapidement imposé parmi les bons ensembles du genre, voici le Quatuor Laqué, composé de la soprano Kajsa Lemcke, de l'alto Marie-Carmel Ridoré, du ténor José Perritaz, de la basse Albert Nussbaumer. Pourquoi Laqué ? "Simplement parce que nous cherchons à être brillants, tout en nous autorisant quelques canards", écrit l'ensemble sur la pochette de son premier CD, donnant le ton de cette aventure musicale commencée en 1999 déjà. Des canards, il n'y en a pas dans les vingt-deux plages de ce disque composé de trois univers: la Renaissance française, la chanson française et le jazz anglo-saxon. Point de canard mais des inégalités dans la capacité à rassembler partition, style et musicalité dans une même émotion. C'est que le genre du quatuor a capella est sans filet. Il n'autorise pas les déséquilibres ou les imperfections, aussi infimes soient-elles et exige une homogénéité qui réclame une longue pratique commune de l'art vocal. Le Quatuor Laqué possède beaucoup de qualités qui font de cet enregistrement un excellent moment de musique: une intonation rarement prise en défaut, un goût du jeu, une musicalité franche, une technique vocale qui a la délicatesse de ne pas se faire entendre. Sans parler du choix des pièces, souvent d'excellente facture, à mille lieues des arrangements bon marché dans lesquels se complaisent nombre de choeurs. Il est de beaux moments dans ce CD, comme cette Mouette de Jean Mamie, superbe ligne tirée vers le ciel, comme What a wonderful world (Bob Thile / Brymer) ou Herbes et fleurs de Janequin, fine dentelle vocale. Moins convaincantes sont certaines interprétations de pièces de jazz ou de chanson française, où l'ensemble reste au milieu du gué, hésitant à quitter les rives d'un art choral léché sans parvenir à investir complètement le style plus débridé nécessaire à l'épanouissement de certaines pièces. Ainsi À la Saint-Médard (Révil / Béreau) ou le Débit de Lait (Trenet / Verny) demeurent trop collés à la partition. Les deux registres extérieurs ne sont pas étrangers à ce résultat, restant trop souvent en retrait. Reste que le Quatuor Laqué laisse un enregistrement de qualité, signe du renouveau qui traverse l'art choral fribourgeois, ouvert sur de nouveaux horizons musicaux.
Patrice Borcard, La Gruyère du jeudi 4 septembre 2003 |
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