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Le « Quatuor laqué » s’envole
Coup de coeur. Un quatuor hors du
commun propose l’art vocal « à la sauce Laquée » : une escapade poétique qui se
conçoit a cappella.
Une
belle histoire d’amour lie Kajsa Lemcke, Anne Andrey-Chassot, José Perritaz et
Albert Nussbaumer. Ces chanteurs fribourgeois ont donné naissance au Quatuor
Laqué en 1999. Un réel coup de foudre est à l’origine de l’éclosion de la
formation. Quatre choristes avaient été sollicités pour animer une fête de
quelques pièces du répertoire classique. Séduits par cet exercice, ils
décidèrent de reconduire l’expérience. C’est ainsi que le nouveau-né vit le jour
et fut baptisé : le Quatuor Laqué. Pourquoi Laqué ? Simplement parce que « Nous
cherchons à être brillants tout en nous autorisant quelques canards », lâchent
avec humour les quatre complices sur la pochette de leur premier opus sorti en
2003.
Cinq années plus tard, les répertoire
tend vers trois univers distincts. Il flâne avec fraîcheur et fantaisie entre
les lignes de la chanson française. Il maîtrise la sensualité des classiques du
jazz anglo-saxon. Il sait aussi décliner avec élégance et subtilité les
exigences de la Renaissance française.
Acrobaties vocales
Les quatre registres sont brillamment
endossés pas Kajsa Lemcke, soprano, Anne Andrey-Chassot, alto, José Perritaz,
ténor, et Albert Nussbaumer, basse. Le charme et la souplesse de ces voix qui
s’entremêlent relèvent de l’acrobatie vocale. À raison d’une vingtaine de
concerts par année, la notoriété du Quatuor Laqué est en constante croissance en
Suisse romande. Si bien que cette aventure musicale a également donné de la voix
au-delà des frontières helvétiques. Le Quatuor s’est notamment produit à Dublin
en 2001, à Chamonix en 2002, et à Stockholm en 2003. l’ensemble vocal s’est
distingué aux Olympiades chorales de Brême en juillet dernier où deux médailles
d’or lui ont été attribuées. « Nous sommes à la recherche de concerts à
l’étranger, ce sont eux qui nous feront avancer », confie Albert Nussbaumer.
Le premier album du Quatuor Laqué,
entièrement a capella, reflète l’éventail étoffé de son répertoire. Cocasse
parfois, tendre souvent, cet excellent moment de musique emmène les amoureux du
chant dans une douce escapade poétique. La chanson française, axe de
prédilection du quatuor, aborde des morceaux adaptés pour quatuor vocal. Petites
merveilles dénichées ici et là, ces harmonisations ont pour certaines été
réalisées spécialement pour le Quatuor Laqué. Le groupe a notamment commandé des
arrangements à Philip Lawson, baryton des Kings’Singers. « Cette petite
formation excelle dans l’art vocal a capella et elle est notre modèle »,
explique Albert Nussbaumer, « C’est pour cette raison que nous avons fait appel
à l’un de ses membres. Nous sommes très honorés par sa collaboration.»
Plusieurs perles, tirées des films de
Walt Disney traduits dans la langue de Molière y figurent. La Petite Sirène, le
King Louis et Blanche-Neige reprennent vie l’espace de quelques titres. Les
aficionados sauront apprécier la Renaissance à travers des pièces de Janequin.
Des traditionnels suédois, irlandais et anglais transportent l’auditeur vers des
horizons musicaux inédits. Enfin, le quatuor lève le voile sur un côté plus
intimiste : des classiques veloutés du jazz anglo-saxon.
Boom !
Dans l’attente d’une nouvelle galette
prévue pour l’automne prochain [en fait. début 2006], le Quatuor Laqué présente « Boum ! »,
un spectacle entièrement a capella. Les quatre comparses déploient leur palette
vocale pour une admirable aventure musicale. Kajsa Lemcke, Anne Andrey-Chassot,
José Perritaz et Albert Nussbaumer ont particulièrement soigné les enchaînements
entre les pièces. « Nous souhaitions suivre un cheminement au fil de différents
sentiments en incarnant des personnages drôles, tendres ou nostalgiques »,
explique Albert Nussbaumer. Du jeu de lumière aux costumes, le concept est
entièrement imaginé par le Quatuor Laqué. Les « chanteurs-comédiens », vêtus
d’un tablier devenant tantôt celui du peintre, tantôt celui de la poissonnière
au fil des pièces, ont su enchanter leur public. Ce spectacle d’une qualité
d’exception mêle humour et tendresse avec une grande subtilité. Dans un décor
laconique, l’auditoire découvre quatre artistes à la fois remarquables et
touchants. Du « Duo des chats » de Rossini à « Gaston », titre phare de « La
Belle et la Bête », en passant par « Mon amant de Saint-Jean », revisité par
l’éblouissante soprano, Kajsa Lemcke, il s’agit d’art… de grand art.
Elodie Crausaz, La Liberté du
jeudi 28 avril 2005

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