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Un quatuor sans complexe On écoute souvent avec angoisse les arrangements de chefs-d’oeuvre de la chanson française comme le sont Amsterdam, Mon amant de St-Jean, Nationale 7 ou la Ballade irlandaise devenue éternelle par la grâce de Bourvil. Ces oeuvres sont souvent à peine reconnaissables lorsqu’elles franchissent le seuil de l’interprétation chorale. Avec le Quatuor Laqué, c’est le contraire. Voilà un ensemble, fondé en 1999, qui s’était déjà signalé par l’originalité et la qualité de ses interprétations dans un premier CD et qui récidive. En montant un échelon dans l’aisance avec laquelle il « réinvente » des tubes de Trenet, Brel, Polnareff, Kosma ou Schubert… Ce disque est un concentré de bonheur, d’humour et de poésie. Car les quatre chanteurs ne se prennent pas au sérieux. Et cela s’entend : les interprétations sonnent juste, toujours musicales malgré la difficulté de l’exercice. Car la légèreté des pièces est souvent inversement proportionnelle à la subtilité de l’harmonie, à la finesse du rythme, à la précision de l’intonation qu’elles exigent. Si le disque possède une qualité rarement rencontrée dans l’enregistrement d’un tel répertoire, c’est aussi en raison des arrangements, subtils et inventifs. Parmi la vingtaine de titres, on a été particulièrement séduit par le tic-tac de la pendule de Trenet, la nostalgie de Aimer à perdre la raison de Ferrat / Aragon et les Moulins de mon coeur de Legrand / Marnay. Patrice Borcard, La Gruyère du jeudi 19 octobre 2006 |
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